Avenir du télétravail : « On a subi une année de transformation incroyable et très importante »

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3 septembre 2021

Président et chef de la direction au Conseil du patronat du Québec.

Depuis le début de la pandémie, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a accompagné de nombreuses entreprises qui ont dû adopter en urgence le télétravail. Plus d’un an après le début de la crise sanitaire, Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ, dresse un bilan des derniers mois et aborde les changements auxquels seront prochainement confrontés les employeurs.

Si vous deviez faire un bilan des derniers mois, quel serait-il?

On a subi une année de transformation incroyable et très importante. Je le répète souvent, mais, en mars 2020, notre société a été propulsée dans le 21e siècle. Avant la pandémie, on était encore accroché au 20e siècle et on ne cessait d’étirer l’élastique.

J’aurais aussi tendance à dire que ça a été une année difficile. En effet, beaucoup de secteurs ont été plus durement et plus longuement touchés que d’autres.

On l’a vu pendant la pandémie, il y a eu un choc brutal de notre économie. Les économistes appellent ça une relance en « K » : certains secteurs ont connu une croissance très importante et très rapide, alors que d’autres ont continué de maintenir une descente.

C’est une année qui a permis de mettre en évidence également la résilience des employeurs et des employés. N’eût été cette résilience-là, ça aurait été probablement beaucoup plus difficile.

Comment voyez-vous l’avenir du télétravail avec l’introduction progressive du travail hybride?

Moi, le premier, je ne croyais pas vraiment au concept du télétravail. Cependant, j’ai rapidement compris que le télétravail était là pour de bon. Il permet de faire les choses différemment, d’une façon tout aussi efficace.

Cela dit, le télétravail n’est pas pour tous les employés et pour tous les types d’emploi. Il faut un environnement approprié.

Par exemple, un employé qui fait du télétravail sur le comptoir de la cuisine avec les enfants qui tournent autour de lui n’est pas dans un environnement adéquat.

De plus en plus d’employeurs proposent un modèle de travail hybride. Pensez-vous qu’il s’agisse d’un avantage pour le recrutement?

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, le modèle d’organisation du travail mis sur pied par une entreprise peut faire la différence dans le recrutement et le maintien de travailleurs à son emploi.

Le télétravail dans une forme hybride peut ainsi permettre à des entreprises d’offrir un environnement de travail intéressant et attractif à leurs employés et futurs employés. En effet, avec la COVID-19, les frontières ont complètement explosé, ce qui a permis à des gens qui étaient un peu plus éloignés du marché du travail de se trouver un emploi.

Quels sont, selon vous, les défis auxquels les gestionnaires seront confrontés face aux changements qui s’opèrent dans les entreprises?

Les défis auxquels les gestionnaires sont confrontés sont nombreux. Ils doivent d’abord être en mesure de bien communiquer l’information, les objectifs et les attentes afin d’être bien compris de tous.

Ils devront ainsi développer de nouvelles habitudes, qualités ou habiletés qui étaient peut-être un peu moins exploitées dans le monde traditionnel d’avant mars 2020.

La fidélisation du personnel est un autre défi important pour les gestionnaires, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. À ce propos, un sondage révélait que 41 % des employés dans le monde sont prêts à quitter leur emploi pour avoir une meilleure qualité de vie.

Il y a ensuite les questions de santé mentale. On a tendance à y accorder moins d’importance, mais les préoccupations pour la santé mentale sont de plus en plus grandes, tant du côté des salariés que des gestionnaires.

L’enjeu de la vaccination comporte aussi son lot de défis. Si la vaccination peut donner un certain élément de sécurité aux employés en ce qui a trait à leur santé et à leurs relations avec leurs collègues, il peut également créer des frictions entre les salariés qui ont des avis divergents sur la question.

Comment le Guide Télétravail Québec peut-il les aider? Et le CPQ?

Rappelons que le Conseil du patronat du Québec a été la première organisation au début de la pandémie à fournir un guide sur le télétravail.

On voyait bien que le télétravail était accessible, mais il y avait tellement de questions qui surgissaient, notamment sur la santé et sécurité, la fiscalité, les normes du travail et le matériel informatique.

Donc, on a fourni à nos membres un guide qui leur permettait de répondre à plusieurs de ces questions.

Dans un contexte de fin du télétravail obligatoire, le Guide Télétravail Québec apporte des précisions sur tous les facteurs à prendre en compte pour les entreprises qui veulent maintenir le statu quo ou changer le mode de fonctionnement de leur organisation.

Parallèlement au Guide Télétravail Québec, le CPQ a mis sur pied un service-conseil RH dans le but d’accompagner ses membres qui auraient des préoccupations ou des questions sur le télétravail. Vous pouvez les contacter à l’adresse courriel : psrh@cpq.qc.ca

Enfin, le CPQ organise, le 17 septembre prochain, un colloque sur le travail hybride, la tendance de la rentrée dans le monde du travail. Ce colloque permettra aux gens qui y participeront d’obtenir des réponses bien importantes aux questions qu’ils se posent dans leur organisation, toujours dans la perspective d’une réintégration au bureau dans un mode hybride.

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