Des outils pour favoriser la santé mentale au travail

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28 novembre 2022

Au Québec, la santé mentale des travailleurs et travailleuses n’aurait jamais été aussi mal en point. La bonne nouvelle c’est que la santé mentale est désormais prise au sérieux par la communauté d’affaires qui reconnaît que le bien-être des employés est nécessaire à leur productivité et à la réussite de l’organisation.

Mais les gestionnaires ne savent pas toujours par où commencer pour favoriser la santé mentale au travail.

Pour faire le point sur les outils qui s’offrent aux dirigeants, nous avons discuté avec M. Martin Binette, le directeur général adjoint et chef de l’exploitation de Relief, un organisme qui offre la formation Relief Affaires.

Cette formation fournit des outils qui permettent dans un premier temps de prendre conscience des enjeux de santé mentale au travail et de les repérer pour ensuite communiquer les bonnes pratiques et soutenir ceux qui en ont besoin.

Priorité à la prévention

« Ce n’est pas quand la personne va très mal qu’il faut intervenir, affirme M. Binette, mais quand elle va bien, car la santé mentale ce n’est pas juste quand on ne va pas bien, c’est tous les jours. C’est souvent quand les gens sont arrivés à un point de rupture ou même en arrêt de travail qu’on fait appel à des services d’aide. »

Les programmes d’aide aux employés sont d’excellents outils, mais qui trop souvent sont axés uniquement sur l’aspect curatif. On remarque aussi que seulement 3 ou 4 % des employés ont recours aux services de ces programmes d’aide.

« Ce chiffre est très bas si on considère que depuis la pandémie une personne sur deux vit avec un enjeu de santé mentale modéré ou très élevé tel que l’anxiété; c’est 50 % de la force de travail qui est confrontée à des enjeux de santé mentale. »

Il est donc essentiel de s’inscrire dans la prévention en faisant la promotion des bonnes pratiques en santé mentale au travail et en sensibilisant les gens à celles-ci.

Reconnaître les problèmes de santé mentale

« Il est important, souligne M. Binette, qu’un employé puisse parler de santé mentale sans tabou et sans ressentir de jugement; il faut être capable de demander de l’aide sans avoir peur d’être jugé et sans qu’il n’y ait de conséquences sur son travail ou sur son emploi. »

Faciliter la communication à l’égard des enjeux de santé mentale au travail est essentiel; il faut éviter qu’un employé choisisse de rester dans l’ombre et refuse d’aller chercher de l’aide parce qu’il ne veut pas que l’employeur le sache ou encore parce qu’il craint d’être congédié. La peur des répercussions est un frein au bien-être au travail tout comme le manque d’éducation en matière de santé mentale.

« On n’a pas appris à l’école à reconnaître les signes de l’anxiété ou les symptômes de la dépression, rappelle Martin Binette, alors comment demander à quelqu’un d’aller chercher de l’aide s’il ne reconnaît pas ces enjeux? »

Mon Relief au travail : un programme sur mesure pour les PME

Le programme Relief Affaires que dirige Martin Binette est basé sur les prémisses suivantes :

  • Pour faire une différence en santé mentale au sein d’une organisation, il faut d’abord miser sur la prévention, la sensibilisation et la déstigmatisation.
  • Pour qu’un tel programme atteigne ses objectifs, il faut l’adhésion, la compréhension et l’engagement formel de la haute direction.

« Notre programme s’adresse à l’entièreté de l’organisation; de la présidence jusqu’à l’employé à temps partiel ou l’étudiant. Ce sont tous les membres de l’organisation qui ont une santé mentale et qui doivent en prendre soin. Nous préconisons une approche holistique, où personne n’est mis de côté. »

Des outils pour évaluer la santé mentale de vos équipes

Une organisation qui souhaite créer une culture d’entreprise saine sur le plan psychologique pourra, dans un premier temps, utiliser un outil d’évaluation permettant de faire état de la situation.

Le programme Relief Affaires propose de sonder les employés de façon totalement confidentielle sur 15 points, notamment :

  • la charge de travail
  • la reconnaissance
  • le harcèlement psychologique

« Ce qui est intéressant pour l’organisation, explique Martin Binette, c’est que les résultats fournis dans le cadre d’un rapport permettent de savoir où elle se situe par rapport à quinze éléments d’analyse, mais surtout, comment elle se compare à la moyenne canadienne. »

Par exemple, l’organisation qui constate que son résultat quant à l’enjeu de la charge de travail est de 20 points supérieur à la moyenne canadienne saura qu’elle doit concentrer ses efforts, sa communication et son énergie à cet enjeu en particulier.

Aide financière offerte aux employeurs

Grâce au partenariat entre le CPQ et l’organisme Relief, les membres du CPQ peuvent profiter d’une réduction de 15 % sur tous les services offerts dans le cadre du programme Relief Affaires. De plus, les employeurs admissibles au programme de formation de la main-d’œuvre peuvent obtenir de l’aide financière pouvant atteindre jusqu’à 50 % des frais admissibles, en faisant une demande auprès du bureau de Service Québec de leur région.

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