Les leçons et les bonnes pratiques apprises de la crise sanitaire

Directrice – Services et projets ressources humaines au Conseil du patronat du Québec.

Tout changement est une occasion d’apprentissage. On peut donc dire que la pandémie aura été pratiquement l’équivalent d’un parcours universitaire!

Les deux dernières années ont été exigeantes, même éprouvantes pour certains, et remplies d’incertitudes. Mais à coup sûr, elles ont démontré que les organisations, les entreprises et les travailleurs peuvent être beaucoup plus flexibles et créatifs que l’on pensait. Alors que le monde du travail a, depuis plusieurs mois, goûté à un certain retour à la normale, il est important de se questionner : qu’avons-nous retenu de cet épisode?

L’importance d’un plan d’urgence

Crise du verglas en 1998, accident ferroviaire à Lac-Mégantic en 2013, inondations monstres en 2017… tous ces événements ont pour point commun d’avoir chamboulé le quotidien de milliers de citoyens et de nombreuses entreprises. Et à cette liste, on peut désormais ajouter la pandémie. « Lorsqu’il y a des catastrophes, c’est là qu’on voit la nécessité d’avoir un plan pour permettre la continuité des activités. La pandémie a mis en lumière l’importance de se créer un tel plan. Toutefois, il est certain que même si on en possède un, lorsqu’il faudra le mettre en action, des ajustements seront inévitablement nécessaires. Mais je crois que désormais, toutes les entreprises se doteront d’un plan d’urgence pour faire face au prochain défi de taille, quel qu’il soit », affirme Manon Pelletier, directrice principale, services et projets ressources humaines au Conseil du patronat du Québec.

Devenir plus agile et apprendre à s’adapter

Au cours des deux dernières années, les défis ont été multiples et ont sollicité de la part de tous une certaine flexibilité, à différents degrés. Les leçons que les entreprises en ont tirées sont aussi un gain pour elles, selon Mme Pelletier.

« Au début de la pandémie, lorsque tout le monde a été renvoyé à la maison, plusieurs entreprises pensaient qu’il était impossible de poursuivre leurs activités en télétravail. Je pense entre autres aux centres d’appels. Mais, elles ont su surmonter cet obstacle et acquérir par le fait même une certaine agilité ».

La crise sanitaire aura aussi été une puissante motivation pour les gestionnaires et les propriétaires d’entreprises à faire passer celles-ci dans le 21e siècle. « Plusieurs gestionnaires d’organisations que j’ai accompagnés m’ont dit qu’ils voulaient depuis un moment investir davantage dans les technologies, se moderniser, par exemple. La pandémie les aura poussés à faire le saut », mentionne la directrice.

Changement de perception

Si le télétravail était mal vu par certains gestionnaires avant 2020, ce n’est manifestement plus la majorité qui voit ce mode de fonctionnement de cet œil. Permettant aux entreprises de poursuivre leurs activités, le télétravail a aussi élargi le bassin de futurs employés potentiels, un avantage non négligeable dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Désormais, un candidat qualifié résidant dans une autre région, voire une autre province, peut postuler ou être recruté, une option qui était peu envisagée avant 2020.

L’implantation massive de ce mode de travail a aussi amené un changement de perception. « Il y a cinq ans, c’était très rare de voir, par exemple, un enfant interrompre son parent en réunion ou de voir un animal de compagnie passer. Aujourd’hui, on a un regard différent; c’est accepté. Je pense aussi que ça a conscientisé davantage les gestionnaires (de voir un fragment de la vie personnelle de leurs employés). Et, ça a aussi eu un impact, entre autres, sur les politiques de conciliation famille-travail. Récemment, j’ai accompagné beaucoup d’entreprises dans la création de politiques réfléchies, pensées et qui répondent mieux aux besoins de leurs employés », indique Mme Pelletier.

Une évolution du mode de gestion

Le télétravail a aussi modifié la façon de gérer ainsi que les indicateurs de productivité et de performance des entreprises. Se basant auparavant sur le présentiel et le nombre d’heures passées au bureau, les gestionnaires se fient de plus en plus sur les livrables et l’atteinte des objectifs. De ce fait, une certaine forme d’autonomie et, par extension, de confiance est accordée aux employés. « Les nouvelles manières de gérer ont notamment engendré une révision de la mesure de la performance. Même l’attribution de bonis, par exemple, a été revue », note la directrice.

En somme, même si la pandémie est presque derrière nous, les enseignements qu’elle nous a transmis – de gré ou de force – demeurent. Cet épisode a aussi rappelé avec force la place de l’humain dans le milieu du travail. « Une entreprise, c’est avant tout les humains qui la composent et les pratiques qui l’encadrent. La pandémie a été difficile. Mais, elle a été une formidable occasion pour les entreprises de repenser leur culture à l’interne, de réfléchir à leur nouvelle réalité et de réévaluer ce qu’elles offrent à leurs employés », conclut Mme Pelletier. Dans le contexte actuel économiquement difficile et de pénurie de main-d’œuvre, cet apprentissage vaut son pesant d’or.

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