Danièle Henkel, au service de la francophonie économique

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18 mars 2024

Comptant plus de 30 ans d’expertise en affaires, Danièle Henkel est reconnue pour son leadership engagé et ses valeurs humaines. Conseillère politique et économique de l’ambassadeur des États-Unis en Algérie pendant douze ans, elle a immigré au Québec au début des années 90. Six ans plus tard, elle créait le gant Renaissance, point de départ des Entreprises Danièle Henkel.  

Femme d’affaires engagée, Danièle Henkel a brisé plusieurs plafonds de verre depuis son arrivée au Québec en 1990. Cette grande dame à la fois déterminée et distinguée a osé s’imposer, comme femme immigrante et francophone, à une époque où ces trois identités se butaient à de multiples barrières.  

Le français étant sa langue maternelle, elle choisit la belle province comme terre d’accueil en raison de sa langue officielle, mais aussi de sa position géographique.  

« J’aurais pu aller n’importe où ailleurs, mais je voulais aller en Amérique du Nord, plus précisément dans un endroit où le français était primordial pour fonctionner », explique-t-elle.

Cette langue jouera un important rôle dans la croissance de ses entreprises, mais pas avant que Danièle Henkel travaille d’arrache-pied pour se tailler une place. Car si l’ancienne dragonne est aujourd’hui reconnue comme faisant partie des personnes d’affaires les plus accomplies au pays, ses débuts comme entrepreneure ont plutôt été houleux.  

Après une prestigieuse carrière en Algérie comme conseillère politique, la native du Maroc retombe au bas de l’échelle en arrivant au Québec, qui ne reconnaît pas sa douzaine d’années d’expérience. La mère de quatre enfants se lance donc en affaires six ans plus tard, à 40 ans.  

Avec peu d’argent et d’expérience en affaires, et beaucoup de persévérance, elle crée Gant Renaissance, qui deviendra les Entreprises Danièle Henkel, aujourd’hui au palmarès des 100 entreprises les plus performantes. 

Tisser des liens d’affaires grâce à la francophonie 

Aujourd’hui ambassadrice de la francophonie économique pour le Conseil du patronat du Québec (CPQ), Danièle Henkel s’engage à renforcer les liens économiques et culturels avec la francophonie à travers le monde, une mission qu’elle s’était donnée lorsqu’elle a fait ses premiers pas comme entrepreneure. 

« Quand je suis arrivée au Québec, tout le monde parlait des États-Unis et du Canada anglais. Mais personne ne mentionnait le continent africain, les pays francophones en Asie ou la population canadienne francophone hors Québec, se souvient-elle. Ça m’a tellement frappée, que je me suis promis de mettre en valeur le fort potentiel des échanges économiques entre pays francophones. »

Selon elle, le français est un puissant moteur d’échange politique et économique. Des événements comme la Rencontre des Entrepreneurs Francophones (REF) permettent « d’illustrer le potentiel de la francophonie économique » ou « franconomie », pour reprendre son judicieux lapsus en entrevue au Devoir, qu’elle intègre désormais dans son vocabulaire.  

« Il existe plus de 700 000 entreprises dans différents secteurs d’activité, réparties dans une trentaine de pays francophones, qui souhaitent bénéficier de nos savoirs. Or, nous pouvons également bénéficier de leurs avancées, mais aussi de la diversité francophone à l’intérieur même de notre société », insiste la présidente d’honneur de la REF 2023 

Créer un pont avec la diversité est un élément que Danièle Henkel a toujours priorisé. Cet « extraordinaire “melting pot” » est d’ailleurs l’un des importants facteurs de succès de ses entreprises.  

« On se trouve sur différents territoires, avec des façons différentes de penser et d’aborder des solutions. C’est une vraie grande richesse », souligne la présidente d’Henkel Média.

Elle invite également à percevoir cette langue comme étant rassembleuse, et non comme levier politique punitif. Elle fait notamment référence aux nouveaux arrivants souhaitant travailler, mais qui se sentent découragés en raison de la vitesse irréaliste d’apprentissage du français qu’on leur impose.  

« On a besoin de main-d’œuvre, donc laissons-les travailler, et donnons-leur le temps d’apprendre au fur et à mesure, dit-elle. Le français au Québec fait partie de notre culture, et on doit le protéger et inciter les gens à l’embrasser, plutôt que de l’utiliser comme punition. » 

L’entrepreneuriat féminin, richesse de la francophonie économique 

Engagée envers l’entrepreneuriat féminin, Danièle Henkel estime que de donner aux femmes l’accès au monde des affaires est vital pour la prospérité des économies francophones. Selon l’Indice entrepreneurial québécois du Réseau Mentorat, en 2021, près de 65 % des propriétaires récemment à la tête de PME étaient des femmes. 

« Pourquoi se priverait-on de cette richesse économique? Ces femmes se développent non seulement personnellement, mais en font bénéficier leur famille et contribuent à améliorer la santé économique de nos sociétés francophones », estime celle qui a participé en février au comité exécutif de gouvernance du Fonds « La Francophonie avec Elles », dont la mission est de soutenir et promouvoir l’entrepreneuriat féminin au sein de la Francophonie.   

En plus de faire bénéficier la société, l’économie et leur propre famille de leur apport, les femmes sont également de plus en plus sensibles à l’environnement, poursuit Danièle Henkel. Elles auront donc tendance à mettre sur le marché des services et produits qui respectent l’économie durable.  

Le respect de l’environnement est d’ailleurs l’un des fondements de la gamme de produits cosmétiques de Danièle Henkel. Le tout premier, un gant d’exfoliation utilisé dans les hammams et surnommé gant Renaissance, aura donné naissance à une entrepreneure engagée, aux valeurs humaines, et ambassadrice de la « franconomie ». 

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